La "bêle" histoire des moutons du campus

Communiqué À la Une, Développement durable, Vie de l'établissement
2 mars 2026 - 30 avril 2026Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Vous connaissiez peut-être déjà ceux de Panurge, Shaun, Montauciel, Dolly, Baansky ou encore Le Génie des alpages mais que ce soit sur les pelouses du DLST, les prairies de Phytem, les bordures de l'IMAG, vous avez peut-être déjà aperçues ou croisées, sur le domaine universitaire, ces soixante-dix brebis, qui loin d'être égarées, sont arrivées, au début du mois de février avec une seule mission : se nourrir, tondre et entretenir quelques 8 hectares sur les 180 que compte le domaine universitaire.

Ne cherchez pas le mouton à cinq pattes

Sur le campus, des races ovines rustiques, locales et valorisées

Ici pas de Mérinos, pas de Shetland et comme vous ne trouverez pas non plus ces modèles de tondeuses sur les catalogues de fournituristes de bureau voici les caractéristiques des quatre races locales (grand quart sud-est) et rustiques qui composent le troupeau du campus.
  1. Blanches du Massif central – 15 brebis – 18 agneaux – 1 bélier Bob – Toison et peau blanches avec une tête longue et fine – Sa rusticité lui offre d'excellentes capacités d'adaptation à des conditions difficiles ;
  2. Corses noires – 21 brebis – Origine : comme leur nom l'indique – Toison et peau comme leur nom l'indique – "les plus caractérielles et celles qui font le plus de bêtises" (sic) ;
  3. Thônes et Marthod – 18 brebis et le bélier Coco – Blanches avec le museau noir – Origine : Savoie – Une race rustique de par son origine, "qui encaisse bien le froid" parfaite pour "le tout en extérieur" ;
  4. Mourerous – 8 brebis – Toison et peau rousses comme leur nom provençal l'indique – Origine : Occitanie – Habituées aux extérieurs.

Le troupeau qui occupe le campus est "un troupeau jeune et en croissance".

Quelques naissances sont d'ailleurs attendues à la fin du mois d'avril, sur le campus.
L'espérance de vie d'un mouton étant de 7 à 8 ans, il est fort probable de revoir ces nouveaux occupants dans les années à venir, d'autant qu'il s'agît d'un troupeau "métroplitain".
En effet, quand il n'occupe pas les prairies du Domaine universitaire vous pouvez également le croiser sur les communes de Poisat et de Corenc.
C'est la rareté croissante des terres agricoles disponibles, même en location, aux alentours de Grenoble qui est à l'origine de l'occupation de "pâturages peri-urbains".
Cependant quand ces occupants atypiques du campus ne côtoient pas les amphis de l'UGA, ils ont le plaisir de retrouver leur alpage : Pâturage Jean Collet à Sainte-Agnès – Chaîne de Belledone – 45.23605974320546, 5.926246204140852
La prochaine transhumance (à pied) et donc le retour vers les montagnes, se fera à la fin du mois d'avril.

En attendant, ne cherchez pas la bergerie du campus, elle n'existe pas.
Les moutons du campus sont élevés à la "provençale" : ils sont tout le temps dehors, sans abris. c'est ce qui explique le recours à des races rustiques.
Ils restent de 4 à 5 jours au même endroit, jusqu'à ce qu'il n'y est plus d'herbe à brouter, tout en débarrassant également les lieux et les arbres du lierre présent : le lierre est leur friandise !
Ce régime "herbassier", tout à l'herbe, pas d'apport alimentaire supplémentaire, a aussi le mérite d'offrir une viande moins forte que la nourriture au foin même si le rendement peut s'en ressentir.

L'histoire de Blanche-neige

"Les moutons ne sont pas des doudous", il est très difficile de tisser des liens affectifs avec eux.
Ils ne s'apprivoisent pas vraiment.
C'est ce qui explique que seulement certains d'entre eux disposent d'un nom.
Et le berger d'expliquer que lui même ne les connait pas tous : "comme à l'école, le prof [le berger] ne se rappelle que des mauvais élèves !"
Cependant, vous aurez quand même à faire à Crapule, Capsule, Crépuscule, Bob, Coco… Mais ces mauvais élèves de l'affect ne s'intéressent réellement au berger que lorsque la parcelle est rase et qu'ils s'imaginent que le rapprochement offrira un gain de nourriture.

Une brebis, jeune, frêle, très jolie, échappe à cette règle. Son nom, Blanche-neige !
À peine nait, sa mère meurt parce qu'elle a ingurgité, en broutant  tranquillement, un opercule de sauce à frites…
Un mouton ne sachant pas vomir, la maman est donc décédée de cette intrusion d'un corps étranger.
Le berger et sa fille ont recueilli l'agnèle et l'ont nourrie au biberon pendant plusieurs mois.
C'est cette contingence et cette proximité qui ont rendu Blanche-neige, le prénom a été choisi par la petite fille du berger, plus gentille, "moins hautaine" et qui viendra plus facilement vers des visiteurs humains.

les 4 races de moutons du campus

Des tondeuses bas carbone un peu "sheep"…
Une aide précieuse sur la gestion de l'environnement et des déchets

"Le pastoralisme péri-urbain", un mode d'élevage ancestral mais également innovant

Pour définir son activité et la présence de son troupeau sur le campus, Tomas – prononcer [ tɔmaʃ ] – l'agriculteur-éleveur-berger préfère employer les termes de "pastoralisme en milieu urbain" ou pastoralisme tout court : un mode d'élevage ancestral mais innovant ici et surtout différent de "l'éco-pâturage" ou encore de "l'éco-pastoralisme". Des termes qui définiraient une activité "non productive" et qui désigneraient plus une visée paysagère ou d'entretien des espaces.
L'objectif du pastoralisme et de l'activité première de Tomas, en tant qu'agriculteur, est bien la production : de viande, de lait, de laine…
L'entretien des sols restant un effet induit de cette production et ce, même si cette gestion des espaces est aussi à l'origine de la convention que l'UGA a signée avec Tomas.
En effet, pour l'UGA, faire appel à un troupeau ovin c'est également permettre l'entretien d'endroits difficilement accessibles aux machines, si perfectionnées soient-elles, réduire l'emploi d'outils ou de produits au bilan écologique négatif et encore favoriser la préservation ou l'émergence d'une biodiversité riche et variée.
À titre d'exemple : les moutons du campus se nourrissent et tondent mais rendent également visible la strate de pollution micro-plastique qui s'est installée durant une cinquantaine d'années sur les sols du domaine universitaire. En effet, les moutons, "qui ne sont si bêtes", arrivent à éviter ces "gros plastiques" et permettent ainsi à la Direction de l'Aménagement de les supprimer et de les "récolter".
Ainsi ce partage de l'espace avec emprise modérée, cette cogestion et cette prévention des déchets générerait également des économies financières pouvant s'élever à plusieurs milliers d'euros.

Une collaboration "gagnant-gagnant" : pour ne pas "se faire tondre la laine sur le dos"…

Dans le cadre de sa mission de gestion et de valorisation des espaces naturels présents sur le Domaine Universitaire, l’UGA s'attache à favoriser des modes d'entretien respectueux de l'environnement sur son territoire. Ce "néo-pastoralisme" s’inscrit dans cette démarche en permettant un entretien écologique de certaines parcelles par des animaux herbivores, dont l’action contribue à la biodiversité et à la régénération des sols.
De son côté, un éleveur,Tomas, souhaitait développer une activité d’élevage en zone périurbaine, en s’appuyant sur des espaces jusqu’alors peu ou non exploités.
Ce projet commun s’est donc inscrit dans une volonté de rapprocher l’élevage des zones urbanisées.
Dans cette optique, après concertation, convention a été établie , par laquelle l’UGA met à disposition de l’éleveur certaines parcelles du domaine public situées sur le Domaine Universitaire afin d’y instaurer des zones de pâturage.
Le but à terme est de s'affranchir de moyens mécaniques nécessaires au fauchage des prairies par une augmentation progressive du cheptel jusqu’à 300 bêtes.
Un nombre de bêtes qui serait également la condition sine qua non pour que cet élevage génère deux SMIC et faire ainsi vivre pleinement Tomas, de son activité agricole.
Tomas quant à lui explique sa présence sur le campus en mode expérimental : "il ne donne pas d'argent à l'UGA et il ne reçoit pas d'argent de l'UGA."
Il est un prestataire agricole, à mi-temps, mais il n'est pas rémunéré pour sa prestation agricole.
Seule dépense imputable à l'UGA, fournir l'eau nécessaire au troupeau.

Mon collègue est berger !

Il s'appelle Tomas – prononcer [ tɔmaʃ ] – Bustarret, il a 37 ans, il est originaire de Saint-Égrève, il est beau, il est père de famille, il est auto-entrepreneur agricole – éleveur – berger – infirmier – un peu militant et personnel UGA à mi-temps.
Il a longtemps travaillé dans la mécanique agricole, il a été berger saisonnier, jusqu'au jour, il y 8 ans, où il a décidé de devenir éleveur ovin : à son compte, dirigeant d'une micro entreprise-agricole.
Face au manque de terres exploitables aux alentours de l'agglomération, il a eu l'idée de démarcher des communes ou des domaines publics pour proposer un partage des sols.
C'est lui qui est venu trouver l'UGA pour lui proposer cette collaboration jusque-là inédite.
Ajouter à cela que depuis le mois d'avril 2025, Tomas l'éleveur est également "cantonnier" de l'UGA : personnels à mi-temps au sein de la Direction de l'Aménagement UGA et du Pôle gestion urbaine : propreté urbaine et propreté des prairies.
Une façon également pour lui de concilier une vie professionnelle exigeante et une vie familiale non moins exigeante avec sa petite fille de 5 ans…
Enfin, Tomas est aussi infirmier-berger : il sait prodiguer les premiers gestes de secours, les gestes vétérinaires basiques, pour la santé animale et de son troupeau : sutures, piqures…

Les patous. Pas tout doux comme des agneaux ! Prudence…

Hermès et Tartuffe, les deux patous qui ont en charge la surveillance et la garde du troupeau, s'acquittent avec le plus grand zèle de leur mission.
Aussi est-il préférable de ne pas venir déranger les brebis et la plus grande retenue, dans l'approche du troupeau, est requise.
Vous le verrez moins souvent mais le troupeau est régulièrement accompagné, lors des déplacements, par le chien de conduite : un Border Collie qui répond au nom de Skully.
patous

Revenons à nos moutons… Pas si bêtes !

Les moutons de l'Université de Cambridge savent-eux aussi faire les bons choix.

Le top 6 des célébrités ovines

panurgeCeux de Panurge
Pantagruel - Quart Livre - Chapitre 8 - Rabelais
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shaunShaun the sheep
La star des écrans



montaucielMontauciel – Le premier mammifère "volant"
Image exclusive de l'événement • Source Gallica
Le récit de son aventure



dollyDolly
L'actualité à l'époque



baanskyBaansky
Le mouton peintre



genieLe Génie des Alpages
Un autre mouton dessiné



 
Publié le  25 février 2026
Mis à jour le  2 mars 2026